Nanobiogène est installée depuis quelques semaines sur le Technopôle. Point et perspectives avec Moussa Hoummady, PDG. Expert en biocapteurs et en nanotechnologies (miniaturisation ultime), Moussa Hoummady, est entré au CNRS à Besançon en 1986, en qualité de chercheur. Dès 1994, il participe à la création du laboratoire de nanotechnologies à l’Institut des sciences industrielles de Tokyo, avant de participer quatre ans plus tard à la création de la société ACT Genomics au Quebec, une entreprise de séquençage et génotypage des gènes humains. En 2000, la loi Allègre sur l’innovation l’incite à regagner la France. Il crée Nanobiogène et s’installe dans le Territoire de Belfort, sur le Technopôle avec un effectif (appelé à progresser) de sept personnes.
Quelles sont précisément les activités de Nanobiogène ? Nous concevons, à l’usage du secteur de la santé, de la pharmacie, de l’agroalimentaire et des cosmétiques, des outils qui développent la science de la nanobiotechnologie Plus précisément, nous concevons et développons, ici à Belfort, des tests pour des expérimentations biologiques, pharmaceutiques ou médicales, qui ont la particularité d’être groupés par milliers sur une surface aussi petite qu’un centimètre carré. Ces supports miniatures sur lesquels on va venir déposer des points réactifs biologiques et biochimiques, qui servent chacun à une analyse donnée, constituent véritablement de nouveaux standards d’expérimentation.
Quels sont les avantages de la nanobiotechnologie ? L’intérêt majeur est évident : la réduction au minimum des temps d’analyse, a une incidence directe sur les coûts d’expérimentation. Si en terme économique ce paramètre est indéniable, il faut ajouter que cette technique est à même de répondre aux exigences de la recherche confrontée de plus en plus à la complexité des pathologies.
Plus précisément ? Aujourd’hui certaines pathologies évoluent plus vite que les techniques utilisées par le secteur biomédical. Depuis plusieurs années, la nécessité de lancer de nouvelles technologies, susceptibles de réduire les délais de développement, et leurs coûts, en concentrant au maximum les analyses, est apparue. L’enjeu est aujourd’hui d’être en mesure de proposer des outils plus économiques mais également plus efficaces.
Pourquoi avoir choisi Belfort ? L’existence d’une salle blanche sur le Technopôle a été un paramètre décisif mais ce n’est pas le seul. Je souhaitais également rester en Franche-Comté pour des raisons affectives. J’aime cette Région . J’y ai fait mes études. Je sais aussi qu’elle est porteuse d’un indéniable potentiel technologique. La science de la miniaturisation, développée dans les microtechniques de l’industrie horlogère, chère à la Franche-Comté, en est l’illustration. Il existe ici un savoir-faire, que je souhaite mettre au service d’une activité en devenir. La nanobiotechnologie constitue à long terme un enjeu stratégique, générateur de synergies capables de faire face à la concurrence mondiale.
Le challenge est ambitieux… Mais pas impossible. Nous développons une technologie à forte valeur ajoutée. La montée en puissance que nous prévoyons dans les prochaines années devrait générer, c’est en tout cas ce que nous souhaitons, l’émergence à nos côtés d’un réseau de sous-traitance porteur d’emplois. Pour l’heure nous travaillons à 90 % pour l’international. De nombreux marchés, y compris français, restent à conquérir…