Robert GLEITZ,
PDG de General Electric Energy Products Europe (Geepe)



Diplômé en ingénierie thermique, Robert Gleitz a débuté comme ingénieur de mise en service pour des équipements électro-mécaniques. Après un passage par Paris, il devient responsable, à partir de fin 1998, de la zone géographique de l’Europe de l’Est et de l’Asie centrale pour la vente des turbines et des centrales associées.
En 1999, General Electric rachète la partie turbines à gaz d’Alstom. Robert Gleitz prend alors en charge la direction commerciale pour l’Europe jusque fin 2000. Il est aujourd’hui le dirigeant de Geepe à Belfort (depuis janvier 2003). Juste auparavant, il était directeur du département « Centrales ».
L’activité de Geepe à Belfort consiste à fabriquer des turbines à gaz. Belfort en est d’ailleurs le centre d’excellence européen et le siège européen de GE Energy Products.
60 à 65 turbines sont produites par an et toutes sont vendues à l’export. Les plus gros clients actuels se trouvent en Italie et en Espagne.

Comment progresse Geepe ?
L’activité production d’énergie profite du département « Recherche aéronautique » mais aussi des centres de recherche GE dans le monde pour développer les nouvelles turbines à gaz. GE a quatre centres de recherche dans le monde : un aux Etats-Unis, un en Inde, un troisième en Chine (à Shanghaï) et un dernier, qui a ouvert en juillet dernier à Munich, en Allemagne.
GE a depuis toujours une culture du développement technologique et la totalité des business de GE sont dans cette logique, que ce soit la production d’énergie électrique, le secteur aéronautique ou encore les appareils médicaux.
GE investit massivement dans la technologie.

Qu’est-ce qui a déterminé l’implantation du siège social européen de GE à Belfort ?
Historiquement, de par la présence d’Alstom, Belfort est « le » site industriel pour l’électromécanique en Europe. L’activité turbine à gaz y est développée. Le site de Bourogne fabrique quant à lui des composants.
Cette ville dispose de plusieurs atouts. Geepe est restée à Belfort car la main-d’œuvre y a un savoir-faire important dans l’électromécanique. De plus, les communications sont faciles : les équipes peuvent voyager facilement, les transports sont de bonne qualité. On y trouve aussi une bonne qualité de vie, avec l’Alsace, le Jura et la Suisse à proximité.
Enfin, Belfort est au carrefour de beaucoup de centres d’intérêts, ce qui attire les cadres américains et anglais. Ces cadres apprécient la qualité de vie du Territoire de Belfort, et la proximité de l’Ecole internationale de Bâle est encore un atout important.

Comment percevez-vous l’arrivée du TGV Rhin-Rhône dans le Territoire de Belfort ?
L’arrivée du TGV ne va pas révolutionner notre façon d’opérer. Cela améliorera certainement notre qualité de vie et facilitera les déplacements sur Paris mais ce n’est pas un facteur essentiel pour notre chiffre d’affaires.

Comment s’organisent vos relations avec les Etats-unis ?
Nous sommes en liaison permanente avec notre Direction générale basée aux Etats-Unis. Nous travaillons dans une organisation globale et matricielle, avec des objectifs européens pour la plupart de nos métiers. Nous avons récemment renforcé les liens fonctionnels et les moyens modernes de communication sont notre support permanent : courriels, utilisation d’outils sur le « Web » ou encore les conférences téléphoniques n’ont plus de secret pour nos employés. La digitalisation est une réalité chez Geepe.

Quels sont les projets actuels de Geepe ? Ses perspectives d’avenir ?
GE a envie de maintenir ses implantations industrielles en Europe. Il est important de souligner que plusieurs nouveaux produits tels que la 6C (40 MW) ou la 6FA+e (75 MW), désormais introduits sur le marché, ont été développés et industrialisés à Belfort.
La nouvelle grosse turbine à gaz de GE est aujourd’hui fabriquée aux Etats-Unis mais nous avons l’intention de l’industrialiser à Belfort, avec pour objectif de sortir les premiers exemplaires en 2006. Bref, GE entend s’appuyer sur le site industriel de Belfort.

Des embauches sont-elles à l’ordre de jour ?
Ces six derniers mois, Geepe a recruté entre 20 et 25 personnes à Belfort. Le plan de recrutement est aujourd’hui terminé. Les conditions économiques n’étant pas très bonnes – marges plus faibles suite aux pressions sur les prix de ventes–cela n’incite pas à embaucher.
Le marché des turbines à gaz est très lié aux investissements internationaux, et la reprise économique n’étant pas encore visible, nos clients potentiels prennent beaucoup de temps avant de se décider. De plus, il règne une concurrence acharnée entre nous, Alstom, Siemens et Mitsubishi.
Pour faire face à toutes ces contraintes, nous cherchons à être plus compétitifs. Nous avons notamment réduits nos coûts de « non-qualité » : en dix ans, ils sont passés de 10 % à 3 % de notre chiffre d’affaires. C’est une de nos principales sources d’économies.

En conclusion, je dirais que GE dispose d’une implantation forte dans la région belfortaine – et il existe une réelle volonté des deux côtés de l’Atlantique pour continuer dans cette voie. Pour preuve, GE a l’intention d’y industrialiser de nouveaux produits tels que la 9FB, une turbine à gaz de grande puissance. Belfort est l’un de nos plus importants centres de production et d’études en Europe et il pourrait jouer un rôle majeur dans le développement de GE Energy sur ce continent.